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Liste des morts civils pour la commune de Chiry-ourscamp

Bernaux Jean-Baptiste
Né le 6 avril 1839 à Fréchencourt (Somme), époux de Jeanne Arens, Décédé à Ourscamp le 13 février 1917 à dix heures. L’acte n’ayant pu être dressé en raison de la guerre, un jugement du tribunal civil de Compiègne en date du 5 octobre 1921 actera son décès.

 

Bonnard Optat Omer
11 ans. Né le 11 janvier 1904, mort de ses blessures, tué d’un coup de fusil le 9 avril 1916 par une sentinelle allemande, selon le témoignage de Léon Descamps, adjoint faisant fonction de maire. Il est noté « victime civile » dans la transcription du jugement déclaratif de décès du 20 mai 1920.

 

Bonnard Narcisse
Mort de ses blessures à l’hôpital rue Pasteur  de Noyon le 17 mars 1916.

 

Bourlet Georges Séraphin Léon
19 ans, né le 12 octobre 1897 à Chiry-Ourscamp, mort de privations en captivité à Bohain (Aisne) le 22 avril 1917.

 

Brémard Charles Anatole Armand
Né à Thiescourt le 25 mars 1850, curé de Chiry-Ourscamp, mort en déportation au 4 rue de Gruny à Noyon le 12 mai 1915, victime de son devoir.

 

Codet Charlotte
Morte en captivité.

 

Delsol Emile
Né le 20 août 1880 à Eudicourt (Somme), fileur à Ourscamp, fils de Daniel Delsol et de Félicie Lancelle. Il est noté « mort en captivité » à Glageon (Nord) le 30 novembre 1917 à 20h00 au quartier Meuret.

 

Delaplace Emile
Mort en captivité le 18 décembre 1917 dans sa vingtième année.

 

Duroyon Jules Anatole
Fils de l’aubergiste cabaretier Pierre Eloy Parfait Duroyon (1820-1888) et de Marie Marguerite Virginie Hortense Lepère (1814-), Jules Alfred Anatole Duroyon est né à Lagny le 9 mars 1842. Deuxième enfant de la famille, il poursuit des études pour devenir maître d’école. Marié le 29 février 1864 avec Marie Zélie Adolphine Lefèvre, institutrice elle aussi dont il aura une fille Marthe, il est nommé instituteur public à Chiry-Ourscamp en 1870 en remplacement de Jules Denaux. Il exerce les fonctions d’éducateur et de secrétaire de mairie jusqu’à sa mise en retraite en 1897. Il s’investira dans des œuvres sociales et participera à la gestion de la Caisse d’Epargne en tant qu’administrateur. Elu conseiller municipal en 1898, l’ancien instituteur décoré des palmes académiques devient maire de Chiry-Ourscamp en 1902.

Son élection intervenant au milieu de la Grève des Tisseurs d’Ourscamp, il se résout à la fermeté face à la demande de deux ouvriers luxembourgeois de les faire rapatrier aux frais de la commune. En 1905, alors qu’est votée la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, il fixe la date de la fête communale au dernier dimanche de juillet, rompant ainsi avec la tradition locale confondant fête communale et fête patronale.

Durant les premiers mois de l’occupation allemande, le maire de Chiry-Ourscamp exercera sa fonction avec courage face à un occupant exigeant. Sans doute sera t-il pris en otage perpétuel comme le seront les maires des autres communes occupées. Première commune sur la route de Paris, la situation de Chiry ne devait être guère enviable. Le journal Le Progrès de l’Oise du 6 octobre 1925 évoquera le sacrifice de cet ancien instituteur : « Il dut sous la menace du revolver, satisfaire leurs volontés, faire lui-même de nombreuses corvées, tenant à faire tout ce qui lui était possible pour éviter aux habitants les représailles dont ils étaient continuellement menacés ». La mort du vieil homme le 6 février 1915, au lendemain d’une marche mystérieuse aux Cinq Piliers, en fera une « victime de son devoir ». Décrite en 1917 par le comte Caix de Saint-Aymour dans l’ouvrage Sur les traces des Barbares, cette marche a donné lieu à une légende pour le moins troublante : « Le maire de Chiry, M. Duroyon, ancien instituteur, fut aussi une victime des Boches, dont il eut à subir des mauvais traitements qui, parfois, prirent un forme de moquerie. C’est ainsi, par exemple, qu’une belle nuit, on le conduisit à une ancienne carrière dite des Cinq Piliers, on le tint là jusqu’au matin, le malmenant et le bousculant, lui demandant où était le cinquième pilier qui avait donné son nom au lieu-dit et qui avait disparu depuis longtemps, cela va sans dire. Le pauvre homme, déjà âgé, ne put résister à toutes ces brimades et en mourut. » Ce récit, dont la véracité n’a jamais été confirmée par d’autres témoignages, présente quelques incohérences, notamment sur le nombre de piliers qui ont donné leur nom au site : en 1914, ils étaient bien au nombre de cinq tout comme aujourd’hui !  La marche de nuit jusqu’aux Cinq Piliers semble, quant à elle, peu probable.

Cette version fut reprise en 1920 par André de Maricourt dans son ouvrage L’Oise dévastée : « le maire M. Duroyon fut malmené, emprisonné dans la carrière des Cinq Piliers, mourut des suites de ses souffrances… ». Ici, l’auteur livre une version raccourcie et expéditive. Bien que la présentation de l’épisode des Cinq Piliers soit sujet à caution, la suite du témoignage du comte Caix de Saint-Aymour paraît se rapprocher de la vérité historique : « L’officier, chef de la kommandantur du village, qui avait présidé à toutes les méchancetés faites à M. Duroyon, tint absolument à assister à la cérémonie. Au sortir de l’église, il sortit un papier de sa poche et lut un beau discours célébrant toutes les vertus de son excellent ami Duroyon, disant les relations parfaites qu’il avait eues avec lui et concluant qu’Allemands et Français étaient faits pour s’entendre et qu’il fallait absolument que, réunis, ils tournassent toutes leurs forces contre les Anglais. Ce chef-d’œuvre n’est pas perdu ; il fut en effet distribué à plusieurs personnes qui le possèdent encore. »

Ce discours pour le moins étonnant nous est parvenu dans le dernier trimestre 2004 par l’intermédiaire des descendants d’une sœur de l’ancien maire de Chiry-Ourscamp. Rédigé par Ernest Schultz, capitaine commandant le 1er Bataillon du 52e Régiment d’Infanterie de Landwehr, ce texte sera lu à l’issue de la cérémonie religieuse du 8 février 1915 :

« Mesdames, Messieurs,
C’est avec un sentiment de sincère deuil et de respect profond que nous, Allemands, nous sommes ici à cette place pour assister aux cérémonies funérailles en faveur de M. Duroyon, défunt maire de Chiry.
La commune sait combien il a valu, combien sont nombreuses ses vertus ; malheureusement nous étions forcés d’entrer chez vous comme soldats, comme ennemis ; mais dès le premier moment, M. Duroyon comme représentant de Chiry, s’est présenté devant nous, comme homme extraordinaire ; il a su combiner son devoir envers sa patrie et envers l’autorité militaire allemande ; sans doute qu’il était l’union du patriote et du bon homme. Personne n’a aimé la France plus que lui ; pour moi il était le vrai Français, dont le cœur noble et chevaleresque, dont l’intelligence et le courage a su convaincre de la pénibilité de la situation provoquée par la guerre. J’ai eu le plaisir de travailler quelque temps avec lui en service, pour le faire connaître, et à l’heure où une puissance plus haute l’a pris, je suis triste parce que j’ai perdu un ami. Pour Chiry et pour nous, le souvenir de M. Duroyon survivra en nous les terreurs de la guerre, et si la paix sera faite, je voudrais espérer que toute la nation française soit remplie de l’esprit de notre ami défunt qui a bien reconnu que l’Allemagne et la France devaient être alliées ; et qui sans doute le fussent si l’Angleterre n’avait brûlé la haine dans vos cœurs contre nous par des motifs misérables ; motifs de concurrence commerciale ; mon cher Duroyon, avec ta sagesse et l’expérience de vieillesse tu l’as reconnu mais maintenant c’est fini pour toi ; ton cœur qui a tant souffert ne bat plus ; Repose-toi en paix et que le bon Dieu te mène à l’éternité. »

A la lecture de ce discours, l’attitude de l’ancien maire de Chiry-Ourscamp peut paraître suspecte ; il s’agit, en fait, d’une tentative de réconciliation de l’armée d’occupation avec l’habitant. En ce début d’année 1915, la guerre s’enlise et impose à l’envahisseur de prendre de nouvelles dispositions pour vivre en territoire conquis. Après avoir fait régner la terreur, les autorités allemandes instituent une « cohabitation courtoise ». Ce discours funéraire est la parfaite illustration de ce changement d’attitude envers les Français.

L’inhumation du maire de Chiry-Ourscamp sera suivie par la population et les troupes d’occupation lui conférant ainsi un caractère particulier dans cette période tendue où tout attroupement était interdit. Le capitaine Schultz voulut, d’ailleurs, que cette cérémonie revête un caractère officiel en allant quérir le curé de Noyon pour célébrer la messe. Les mouvements de population et le regroupement autour de l’église suscitera la curiosité des observateurs français. Aussitôt, une salve d’artillerie mettra fin à cette agitation. Sœur Saint-Eleuthère, religieuse de la congrégation de Saint-Thomas de Villeneuve, écrira dans ses mémoires cette péripétie qu’on lui a rapportée : « Ce même jour, M. le curé a été réquisitionné (si on peut employer cette expression) pour aller à Chiry faire l’enterrement du maire de ce village. Il était accompagné de son enfant de chœur et de plusieurs officiers allemands. Une auto est mise à leur disposition. Ils arrivent à Chiry. Nous l’avons dit plus haut tout était calme le matin, mais à peine l’auto a-t-elle pénétré dans le village que les bombes pleuvent de tous côtés, impossible de songer à l’enterrement, tous les habitants étant réfugiés dans leur cave. M. l’archiprêtre attend patiemment à la sacristie ; au bout d’une demi-heure le calme paraissant renaître, on s’apprêtait à commencer l’office. La phrase n’était pas complètement achevée qu’une détonation se produisit, un obus entrait par le bas de l’église et éclatait au milieu rompant la corde du lustre qui se brisa, renversant les chandeliers de l’autel et faisant sauter tous les vitraux. Le brave colonel n’en attendit pas davantage se dirigeant à toutes jambes vers une cave. Le premier moment de stupeur passé, M. l’archiprêtre pénétra dans l’église et constata les dégâts. Les plâtres étaient en partie tombés et une épaisse couche de poussière et de pierres recouvrait les dalles du sanctuaire et même l’autel qui lui était couvert de mitrailles. L’enterrement n’eut lieu qu’à une heure de l’après-midi et grâce à Dieu notre bon curé put rentrer sain et sauf à Noyon ».

Le comte Caix de Saint-Aymour, quant à lui, rapporte une autre version des faits : « Il y avait beaucoup de monde à cette cérémonie funèbre, que présidait M. l’Archiprêtre Lagneaux, de Noyon, venu tout exprès pour officier, en l’absence du curé et d’autres prêtres dans le voisinage. Le cortège se développait majestueusement dans les rues de Chiry, se dirigeant vers le cimetière, lorsque nos observateurs de la butte d’Antoval ou de Saint-Léger-aux-Bois signalèrent le rassemblement inaccoutumé qui se produisait à Chiry et tout à coup une bombe bien dirigée tomba, heureusement à quelque distance, et sans blesser personne. Panique générale. Seuls, l’archiprêtre et un acolyte restent courageusement à leur poste. On ne put terminer l’inhumation, cette fois en petit comité, que dans le courant de l’après-midi. »

L’enterrement de Jules Duroyon restera dans les mémoires des habitants au point d’être rapporté au comte Caix de Saint-Aymour lors de son voyage « sur les traces des Barbares ». Considéré comme victime de son devoir, Jules Duroyon sera évoqué lors de l’inauguration du monument aux morts de Chiry-Ourscamp. Ce jour-là, une plaque fut inaugurée dans la mairie pour lui rendre hommage. Cette plaque fut détruite avec l’immeuble lors de sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Etrillard Edmond Léon
Né à Chiry le 5 septembre 1866, il est noté réfugié de Ribécourt à Compiègne où il décède le 12 novembre 1916 (AD60 Rp1933).

 

Gossard Désiré
Mort de ses blessures.

 

Jack Emile
22 ans. Né le 19 août 1897 à Chiry-Ourscamp, il est noté « mort en captivité » à Saint-Michel (Aisne) en août 1918. Un jugement du tribunal civil du 14 décembre 1921 acte son décès.

 

Kunnert Paul Henri
17 ans. Né le 18 juillet 1901 à Chiry-Ourscamp, il est noté mort de ses blessures le 13 novembre 1918 à Silenrieux (Belgique). Le tribunal civil de Compiègne établira son décès par un jugement rendu le 8 novembre 1922.

 

Mme Lagant Ernest

 

Le Quellec
Mort en captivité.

 

Leroy Jean
20 ans. Né le 16 décembre 1896 à Pleyben (Finistère), demeurant à Ourscamp, prisonnier civil interné à Zwickau (Saxe). Il décède le 5 février 1916 au lazaret de Grossporisch (archives CICR). Il est noté mort en captivité dans Le Progrès de l’Oise.

 

Melkior Emile Joseph
17 ans. Né à Chiry-Ourscamp le 7 mars 1901, fils d’Emile Melchior, contremaitre, et de Charlotte Lecomte, domiciliés à Chiry-Ourscamp. Il est noté mort en captivité à l’hôpital de la Croix Rouge de Fourmies, chemin des blés, le 30 novembre 1918 à 15h00.

 

Peltier Georgette
Morte de ses blessures.

 

Pollet Bilien fils
Mort de ses blessures.

 

Pollet Gustave
Mort victime de son devoir.

 

Pollet Sidonie née Maresse
62 ans. Née le 21 janvier 1851 à Chiry-Ourscamp, cultivatrice, fille d’Alexandre Maresse et d’Alexandrine Lemaire, elle était l’épouse de Gustave Pollet. Sans doute victime d’un bombardement, elle est morte de ses blessures le 19 décembre 1914 à 20h00 à l’hôpital civil de Noyon rue Pasteur (état civil de Noyon).

 

Roncard Eugène
Mort en captivité.

 

Vervin Roland
Mort en captivité.

 

Wyard Eugène Théodore
Né le 25 octobre 1842 à Chiry-Ourscamp, venant de Passel, décède le 2 avril 1918 à Beauvais (AD60 Rp1933).