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BABOEUF DANS LA GRANDE GUERRE

La commune de Baboeuf connaît l'invasion allemande dès le 30 août 1914. Une partie de ses habitants étant demeurée sur place, les hommes en âge de se battre sont faits prisonniers et déportés en Allemagne.
La commune est libérée le 18 mars 1917 suite au repli allemand "Alberich" mais les habitants ont été déplacés, les "bouches inutiles" vers Noyon, les autres à l'arrière des nouvelles lignes.
Peu avant le retrait, Baboeuf reçoit un grand nombre de vieillards et d'impotents qui sont logés dans des granges dans la commune. Bon nombre d'entre eux décèdent en raison de privations.

La commune redevient française pendant une année mais demeure en zone avancée sous contrôle militaire strict.

Le 24 mars 1918, trois jours après l'offensive allemande au départ de Saint-Quentin, la commune est de nouveau envahie mais ses habitants ont eu le temps de fuir sur ordre de l'armée française et dans la crainte de vivre une nouvelle occupation.
La commune est libérée le 2 septembre 1918.
 


Liste des morts civils pour la commune de BaboeUf

Baudry Albert
45 ans,  né le 17 février 1871 à Baboeuf (Oise), cet ouvrier agricole est le fils de Jules César Baudry et de Joséphine Arsène Roux. Manouvrier, il fait son service militaire au 67e RI le 25 novembre 1892 et passe au 156e RI le 10 août 1893. Il est envoyé en congé le 8 novembre 1894 muni d’un certificat de bonne conduite. Marié à Alphonsine Chevalier, on le note résidant en 1895 à Missy-aux-Bois (Aisne) puis à Cuts l’année suivante. Passé en réserve dans l’armée territoriale le 26 juin1900, au 13e RIT à Compiègne, il est rappelé à l’activité par le décret de mobilisation générale. Arrivé au corps le 1er août 1914 aux GVC, il est renvoyé dans ses foyers le 31 août suivant. Resté dans les régions envahies, à Cuts, il est fait prisonnier par les Allemands. Déporté en Allemagne, il décède à Niederzwehren, à l’hôpital militaire du camp des prisonniers de guerre, le 14 avril 1915 à trois heures de l’après-midi probablement du typhus. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Baudry Siméon
Né le six [mars ?] 1896 à Soissons (Aisne), ouvrier domicilié à Baboeuf (Oise), célibataire, interné civil français,  il est décédé le 29 octobre 1918 à midi et demi à Holzminden. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Carbonnier Joseph Rémy
42 ans. Né le 27 juillet 1872 à Baboeuf, fils de Sainte-Marie Alexandre Clément Carbonnier et de Marie Désirée Gouy, ce cultivateur domicilié à Baboeuf (Oise) est versé dans les services auxiliaires durant son service militaire en raison de varices. Il participe à la réquisition des chevaux les 5 et 6 août 1914. Resté dans les régions envahies, il est fait prisonnier civil et emmené en Allemagne. Il décède du typhus à l’hôpital du camp de prisonniers de Niederzwehren (camp de Cassel), le 22 avril 1915 à 11 heures du matin (avis de décès du Ministère de la Guerre du 13 juin 1922, AD60 Rp861).

 

Ferandelle Fernand Gustave
Né le 2 octobre 1878 à Baboeuf, fils de Gustave Férandelle, garçon de culture, et de Sidonie Delavenne, ce garçon de ferme domicilié à Baboeuf (Oise) épouse de Joséphine Nicolas. Fait prisonnier civil, il est décédé au camp des prisonniers de Niederzwehren le 11 mars 1915 à deux heures de l’après-midi. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 
Férandelle Pascal dit Maxime
50 ans, né le 13 mai 1874 à Baboeuf, ce cordonnier est le fils d’Hilaron Férandelle et de Périne Armande Gorlet. Il fait son service militaire dans le 1er Bataillon de Chasseurs à Pied à partir du 14 novembre 1891. Réformé n°2 le 21 novembre 1895 par la commission spéciale de Verdun pour endocardite, il passe dans la réserve au 13e RIT à Compiègne. Resté dans les régions envahies, à Baboeuf, il est fait prisonnier civil et déporté en Allemagne. Il décède le 13 avril 1915 au camp de Niederzwehren sans doute du typhus. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.
 

Frazier Adrien
45 ans, né à Dancourt (Aisne), ouvrier agricole domicilié à Baboeuf (Oise), prisonnier de guerre civil, il est décédé à l’hôpital militaire du camp des prisonniers de Niederzwehren le 31 mars 1915 à dix heures du matin. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Mailly Léon
42 ans, né le 2 juin 1874 à Libermont, fils de Louis Henri Mailly et de Marie Clotilde Appolonie Fontaine, d’abord dispensé du service militaire puis incorporé au 54e RI de 1895 à 1896. Bourrelier puis ouvrier agricole domicilié à Baboeuf (Oise) en 1898, il est appelé sous les drapeaux le 1er août 1914 et arrive au 13e Régiment d’Infanterie Territoriale le 15 août suivant. Renvoyé à son domicile deux jours plus tard, il n’a pu rejoindre son unité par la suite, le Noyonnais étant envahi. Fait prisonnier civil, il est déporté en Allemagne au camp de prisonniers de Niederzwehren près de Cassel où il décède le 17 février 1915 à quatre heures du matin. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Maréchal Edmond
Né à Baboeuf, ouvrier agricole demeurant à Baboeuf, prisonnier de guerre civil, il est décédé à Niederzwehren au camp de prisonniers le 17 mars 1915 à huit heures du matin. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Plaquet Arthur
42 ans, né à Athies-sous-Laon, marié à Maria Doulet, cet ouvrier de chemin de fer demeurant à Baboeuf (Oise) est décédé à Niederzwehren, à la 18e baraque du camp de prisonnier le 21 avril 1915 à trois heures et demie de l’après-midi. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Tertieux René
20 ans, Fils d’Albert Tertieux, adjoint de la commune, (Aisne), il est selon le Progrès de l’Oise « enlevé comme prisonnier civil le 11 janvier 1915 avec 35 de ses camarades, il fut interné au camp de Cassel, de sinistre mémoire, ensuite il revint en France occupée et mourut des suites de privations et de manque de soins de la part des Allemands ». Il est décédé le 9 juin 1917 à l’âge de 20 ans à l’hôpital d’Effry. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Villain Achille
Selon le monument aux morts, victime civile décédée le 15 septembre 1914.

 

Villion Théophile
Selon le monument aux morts, victime civile décédée le 6 janvier 1918.

 

 

 

Beaugies-sous-bois DANS LA GRANDE GUERRE

Beaugies-sous-Bois compte 129 habitants selon le recensement de 1911, nombre qu'elle n'atteindra plus. La commune connaît l'invasion allemande dès le 30 août 1914. Une partie de ses habitants étant demeurée sur place, les hommes en âge de se battre sont faits prisonniers et déportés en Allemagne.
La commune est libérée le 18 mars 1917 suite au repli allemand "Alberich" mais les habitants ont été déplacés, les "bouches inutiles" vers Noyon, les autres à l'arrière des nouvelles lignes. La commune redevient française pendant une année mais demeure en zone avancée sous contrôle militaire strict.
Le 24 mars 1918, trois jours après l'offensive allemande au départ de Saint-Quentin, la commune est de nouveau envahie mais ses habitants ont eu le temps de fuir sur ordre de l'armée française et dans la crainte de vivre une nouvelle occupation. La commune est libérée le 2 septembre 1918.
Au recensement de 1921, la commune ne compte plus que 99 habitants.

 Ferme détruite, juin 1917.
   

Liste des morts civils pour la commune de Beaugies-sous-bois

Douchet Georgette
Tuée par fait de guerre en 1917. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

     

Gadiffet Eléonore
Tuée par fait de guerre en 1918. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

Lefèvre Paul
Tué par fait de guerre en 1918. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

Perrotin Gisèle
17 ans, déportée civile dans le Nord, elle décède à Etroeungt après avoir été écrasée par une automobile conduite par un Allemand le 7 octobre 1918. Virginie Pottier évoque son enterrement dans son journal de guerre. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune

Pluche Alexandre
Né le 24 janvier 1861 à Beaugies-sous-Bois, fils d’Alexandre Pluche et de Séraphine Noiret, dispensée du service militaire en tant que fils aîné de veuve puis réformé suite à la perte de l’usage de l’œil droit. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune

 

beauvais Durant la Grande guerre

La mobilisation générale, le 1er août 1914

L’annonce par la mairie
A Beauvais, l’annonce de la mobilisation générale est faite vers 16 heures 30, au son du tambour et de la cloche communale. Soixante affiches sont apposées sur les murs auprès d’un appel lancé par le maire Cyprien Desgroux : « Mes chers concitoyens, dans les circonstances graves que traverse le pays, je crois devoir faire appel au sang-froid et au calme de tous les habitants. L’ordre de mobilisation générale vient d’être porté à la connaissance de la population. C’est la mobilisation, ce n’est pas encore la guerre. Le maire veut encore espérer que cette calamité pourra être évitée. Nous sommes tous des patriotes, et devant le danger commun, il faut que tous les Français s’unissent autour du Gouvernement de la République ».

Le départ des soldats
Au matin du 5 août, les trois bataillons du  51e Régiment d’Infanterie quittent Beauvais pour le nord-est dans trois trains spéciaux constitués de wagons de voyageurs. Les jeunes soldats sont suivis le lendemain par leurs aînés du 11e Régiment Territorial puis par les réservistes du 251e Régiment d’Infanterie. « Au revoir petits pioupious, que la victoire glorieuse soit le prix de votre noble et héroïque sacrifice », lit-on dans La République de l’Oise qui prend bientôt des accents guerriers : « (…) Glorieux ancêtres de 1815 et de 1870, vos mânes vont tressaillir dans le tombeau ! Vous allez assister à une belle Revanche !!! En avant ». Nul ne peut imaginer alors qu’un mois plus tard, le Lieutenant-Colonel Delagrange, commandant le 251e de réserve, sera tué à la tête de son régiment dans une charge à la baïonnette.

L’organisation hospitalière
A Beauvais, l’hôpital mixte de l’Hôtel-Dieu ne pouvant contenir que 108 lits civils et 70 lits militaires, un vaste hôpital temporaire est établi dans l’internat du lycée Félix Faure. Pourvue de 4 services de 100 lits et d’un service de chirurgie de 100 lits, cette structure devient un exemple de modernité pour tout le département.

Hôpitaux temporaires ou complémentaires:
Lycée Félix Faure, hôpital n°1, 505 lits
Lycée Jeanne Hachette et l’Ecole Normale d’Institutrices, hôpital n°11, 200 lits
Maison des Dames de Saint-Joseph de Cluny, hôpital n°12, 100 lits

Hôpitaux auxiliaires du territoire (Croix Rouge)
Tenus par la Société française de Secours aux Blessés Militaires :
Institution du Saint-Esprit, hôpital n°3, 52 lits
Institut agronomique, hôpital n°10, 70 lits

Tenue par l’Association des Dames Françaises
Ecole Normale d’Instituteurs, hôpital n°202

L’arrivée des réfugiés, à partir du 7 août 1914
Conformément au plan d’évacuation élaboré en 1890, les réfugiés de l’est de la France affluent dans les communes de l’Oise pour être logés dans des établissements convertis en lieu d’accueil ou chez l’habitant. A partir du 7 août, Clermont voit ainsi arriver un millier de Lorrains et Compiègne 1500 Verdunois. Beauvais connaîtra le même afflux de population durant le mois d’août : au total, 1.200 réfugiés de Verdun, 137 réfugiés de Toul et 107 émigrés belges seront accueillis dans la ville et logés aux frais de l’Etat dans des écoles, des salles de bals ou des cinémas.  Le logement de cette population a pu présenter quelques difficultés en l’absence de structures adaptées. Le maire, Cyprien Desgroux, maire lance un appel au calme. 

L’exode des Beauvaisiens
Fin août, Beauvais voit se replier sur son territoire les hôpitaux d’Amiens et les dépôts de Saint-Quentin et de Laon. Les trains de réfugiés civils laissent bientôt place aux trains de militaires. Puis, Beauvais est progressivement isolé de l’extérieur avec la suspension du trafic ferroviaire vers Clermont et Saint-Just–en-Chaussée, le transfert des fonds de la Banque de France et de la Trésorerie, l’évacuation des hôpitaux et le repli du dépôt du 51e Régiment d’Infanterie dans le Finistère, à Lambezellec.
Lorsque les premières tranchées sont creusées dans le nord-est de la ville, la panique s’empare des Beauvaisiens qui partent sur les routes de l’exode. La crainte de combats se confirme lorsque des mines sont posées sur les passages à niveau et que des canons et des mitrailleuses sont implantés sur les hauteurs de Saint-Jean. 
Soucieuse de rétablir le calme, La République de l’Oise publie le 1er septembre un article rassurant : « Patience et espoir.  Notre population est apeurée, nombre de familles quittent notre ville. Pourquoi ? Nous, les vieux qui avons vu 1870, nous n’en sommes pas morts, quoique la lutte ait été rude et les épreuves pénibles. Que peut-il arriver ? Beauvais est un mauvais centre pour une action militaire à cause de sa situation topographique, le pire, c’est une invasion dans une ville ouverte qui ne peut se défendre et ne se défendra pas. Peut-être exigera-t-on une rançon ? Eh bien ! On la paiera, quitte à se faire rembourser au centuple plus tard. Beauvaisiens, croyez-moi, et prenez pour devise Patience et Espoir et crions encore à nos braves troupiers qui sont merveilleux de courage et d’énergie : En avant. »

Beauvais, ville ouverte (1er septembre 1914)
Lorsque le dernier train quitte Beauvais pour Gisors, la ville ne compte plus que 3.000 habitants. Dans la nuit du 1er au 2 septembre, des manifestants viennent faire le siège de la maison du maire Cyprien Desgroux, demeuré à son poste. L’affolement est tel dans la ville préfecture que le conseil municipal, privé de la moitié de ses membres, lance un appel à la population le 2 septembre lors d’une réunion en session extraordinaire et… en comité secret : « Rien ne motive, aujourd’hui, une panique ; les dispositions prises par l’autorité militaire n’ont pour but que de parer aux éventualités qui peuvent se produire. Dans le cas où des renseignements nouveaux indiqueraient une aggravation de la situation, la population en serait immédiatement avertie ». La ville de Beauvais, quant à elle, cesse totalement son activité administrative, abandonnant sa destinée aux mains du maire et des onze conseillers municipaux encore présents. Le premier magistrat municipal assume alors les fonctions de directeur du service postal, de commandant de place et de recrutement. Son attitude courageuse lui vaudra, en 1916, une lettre de félicitations du Ministre de l’Intérieur et une citation élogieuse parue dans le Journal officiel du 14 juillet 1918.
Face à la menace de déferlement des troupes ennemies sur Paris, un nouvel ordre est lancé par l’Armée appelant sous les drapeaux les hommes des dépôts renvoyés dans leurs foyers après mobilisation, les territoriaux et réservistes territoriaux non encore convoqués ou en sursis d’appel.

Le retour des habitants (20 septembre 1914)
Le repli allemand après la Bataille de la Marne redonne confiance aux réfugiés. Beauvais assiste le 20 septembre au retour de ses premiers habitants et des différents services administratifs. Une nouvelle vie commence pour les civils soumis pour les uns au contrôle militaire des armées françaises et, pour les autres, à l’autorité des troupes d’occupation allemandes.

 

 

 


Beauvais, ville étape

Beauvais est un  centre pour certains services de l’arrière. Des tensions entre les autorités civiles et militaires sont sensibles. En effet, les mesures purement militaires décidées sous forme d’avis, d’instructions ou d’arrêtés par le général de division directeur des étapes ou le général commandant l’armée se doivent d’être appliquées par tous les représentants de l’autorité publique dont le préfet, ainsi que par le commandant de place d’armes des villes de garnison qu’étaient Beauvais, Compiègne et Senlis.

*Une ville tournée vers la guerre
Plusieurs usines de Beauvais travaillent pour la Défense nationale comme Baqué, qui fabrique des chaussures (34 employés en 1916), Bullier, des accessoires automobiles (32 employés en 1918 dont 16 femmes), Communeau et Cie des couvertures et molletons de laine (159 employés en 1916dont 70 femmes), Les fonderies de Beauvais des pièces pour machines-outils (35 employés en 1918 dont 2 femmes), Lainé et Cie, des couvertures militaires et file la laine pour la confection de draps (575 employés en 1918 dont 198 femmes). Lors d’une tournée d’inspection, le 9 janvier 1916, le général Joffre passe en revue les camions militaires du groupe automobile du commandant Ancelle (en présence des capitaines Latour et Brulard) parqués sur la place de Voisinlieu et visitera l’usine Bullier (rue d’Arcole).

Une ville d’hôpitaux militaires
Beauvais compte neuf hôpitaux militaires, établis au lycée Félix Faure, au Lycée Jeanne Hachette, à l’Ecole Normale d’Institutrices, à Maison des Dames de Saint-Joseph de Cluny, à la caserne Watrin, à l’Hôtel-Dieu, à l’Institution du Saint-Esprit, à l’Institut agronomique et à l’Ecole Normale d’Instituteurs.

La question du ravitaillement
Pour lutter contre la vie chère et organiser le ravitaillement de la population civile, la municipalité décide, le 1er  octobre 1916 de créer une Boucherie municipale et d’un Magasin municipal d’approvisionnement pour les denrées essentielles notamment le sucre, les pommes de terre, les légumes secs, le charbon et le bois de chauffage.

La solidarité
Des Journées et des manifestations en faveur des œuvres d’assistance sont organisées : les orphelins, les tuberculeux, les évacués… 

Le département de l’Oise donneraa quelques brillants aviateurs tels André Janet d’Allonne, M. Guilbert de Beauvais

Beauvais, siège du Grand Quartier Général
Critiqué dans les couloirs de la chambre des députés et du sénat, le général Joffre est écarté du Haut Commandement français et élevé au maréchalat. Le général Joffre, vainqueur de la Marne mais aussi organisateur des offensives meurtrières d’Artois (1915), de Champagne (1915) et de la Somme (1916). Il est remplacé le 12 décembre 1916 par le général Robert Nivelle lequel, auréolé de ses victoires à Verdun, prend son commandement à Chantilly le 16 septembre. Peu après son arrivée, le commandant en chef décide de déplacer le Grand Quartier Général à Beauvais afin de ne plus alimenter les milieux parlementaires en « légendes » dont a été victime son prédécesseur. Ainsi, le 6 janvier 1917, les locaux de l’Institut agricole sont investis par les services du généralissime. Le lycée Félix Faure est alors réquisitionné pour accueillir les services de l’arrière, tandis que les missions alliées sont installées dans divers quartiers de la ville. Au 25 janvier 1917, malgré les tentatives de réduction de son effectif, le GQG compte 305 officiers et 2.272 hommes de troupe. Beauvais devint alors un enjeu militaire, ce qui explique le premier survol de la ville par les avions allemands dès le 23 janvier. C’est à Beauvais que Nivelle élabore son projet offensif inspiré de celui de Joffre qui doit rompre le front « d’un seul coup, en 24 ou 48 heures » et mener les Alliés à la victoire. Il y reçoit le 25 février 1917 le président de la République, Raymond Poincaré, accompagné du président du Conseil, Aristide Briand, et le 7 mars le Prince de Galles venu lui remettre. lors d’une prise d’armes, le Grand Cordon et le Collier de l’Ordre du Bain. Le séjour du G.Q.G. à Beauvais s’achève le 4 avril 1917, date à laquelle, à la faveur de la libération provisoire du département de l’Oise, il quitte la ville pour Compiègne.

Les mouvements populaires

Le contrôle de la  population civile
Ainsi, dans la nuit du 10 au 11 juin 1917, deux affiches manuscrites furent placardées par un même individu dans Beauvais. La première fut collée sur l’immeuble n°50 situé à l’angle de la rue des Jacobins et de la rue du grenier à Sel et s’adressait « Aux esprits ouverts ». Il y était dit : « Voici bientôt trois ans que la guerre dure. Combien durera-t-elle encore de temps? Nul ne le sait. Mais au fur et à mesure que la guerre s’allonge, vous devez vous apercevoir que l’on s’applique à la destruction de l’ouvrier. Malheureusement, il se pourrait que ce plan réussisse. Que faudrait-il pour faire avorter ce plan ? Pas grand chose : une Révolution bien réussie ; cassez donc la g…… à ceux qui vous oppriment. Mort aux tyrans. A bas la guerre. ». La seconde affiche fut placardée sur les urinoirs proches de la gare et s’adressait « Aux ouvriers » : « Depuis le début de la guerre les vivres augmentent énormément. Quel est ce but ? Vous affamez et mettre de l’argent dans la poche de ceux qui vous sucent le sang ; et également pour emplir le porte monnaie des patrons qui vous mangent les bras. Pour remédier à cet état de choses, il vous faut demander de l’augmentation à vos patrons, tous (sans exceptions). Ceux qui ne le feront pas ne sont que des fainéants, des imbéciles et seront esclaves toute leur vie. Espérons avoir un bon résultat. »
Interrogé sur l’état d’esprit de la population, le commissaire spécial de Beauvais adressa le 14 juin 1917 une note plutôt optimiste au préfet de l’Oise : « (…) En général, l’état d’esprit de la population est bon malgré la propagande exercée dans quelques grands centres, sur les marchés, dans les gares ou les trains par quelques semeurs de paniques étrangers au pays et quelques permissionnaires du front. Les résultats de la dernière offensive que l’on espérait plus brillants ont bien provoqué un certain malaise mais cet état d’esprit ne paraît pas alarmant et semble se relever depuis l’entrée en guerre des Américains ».

Le contrôle des militaires
Le 9 janvier 1918, le canonnier du 265e RA Maximilien Patte est interpellé par le commissaire spécial de Beauvais pour avoir prononcé des « propos pacifistes et alarmistes » au cours d’une conversation dans le train de Formerie à Songeons : « S’il manque du pain, c’est la faute du Gouvernement », indique le procès-verbal ; « C'est la paix qu’il faut, nous l’aurons par le manque de pain, mais pas avec les canons et les munitions ».
De même, le 8 février 1918, le commissaire de police de Creil procède à l’arrestation du mineur Auguste Marlière pour « propagation de fausses nouvelles » après avoir déclaré publiquement que « dans la matinée du 6 février, une quarantaine d’avions allemands avaient bombardé Paris ». A noter aussi des grèves dans les usines travaillant pour la guerre

L’offensive allemande de mars de 1918

Beauvais, ville refuge (mars 1918)
Avec l’offensive allemande du 21 mars 1918, les populations de l’Oise et de la Somme sont évacuées. Beauvais, située à une quarantaine de kilomètres de la zone de combats, voient affluer de nouveau une masse de réfugiés de l’Oise venant de Noyon, Roye, Moreuil et Amiens.
Témoignage de Jean Ajalbert, administrateur de la manufacture nationales de Beauvais, membre de l’académie Goncourt : « Lugubres journées de cette fin mars… Morne défilé incessant, de femmes, de vieillards, d’enfants chassés par l’invasion. La plupart sur le chemin de l’exil, pour la seconde fois, qui avaient regagné le village après l’avance. Sublime résignation, ils marchaient dans leurs meilleurs vêtements revêtus pour les sauver, chargés de paquets, poussant des brouettes ou à la tête de chevaux faméliques, convoyant des charrettes de meubles et de hardes ; ou c’était du bétail effaré, refusant d’avancer, se jetant dans les venelles de côté, impossible à ramener dans la grande voie ».
La municipalité distribue plus de 3.000 repas par jour et s’efforce de trouver des lieux de logement pour les familles qui transportent tout ce qu’elles peuvent dans des tombereaux et des brouettes… Pour permettre aux animaux de trouver du fourrage et se reposer, des parcs de repos sont ouverts à Beauvais, Clermont, Marseille-en-Beauvaisis et Noailles.

Témoignage de Jean Ajalbert : « Cependant des groupes à bout de force revenaient à la halte… préparée par le maire de Beauvais, monsieur Desgroux, où fumait la soupe et le café devant les boulangeries où se distribuait le pain sauveur. C’était par la gare, c’était par les camions automobiles les troupes et les troupes, allant à la rescousse. Des milliers et des milliers d’hommes qui venaient de se battre et qu’on renvoyait se battre : que j’en ai vu passer… de ces jeunes en route pour la gloire et la mort… de ces hommes aux cheveux gris dans les capotes blanchâtres qui allaient à l’héroïque destin ! »

L’Installation en ville de plusieurs quartiers Généraux
Le 27 mars, Beauvais voit s’installer l’état-major de la 1ère armée du général Debeney, les services de la région du Nord ainsi que les administrations civiles et militaires d’Amiens. Le lendemain, la ville reçut l’état-major du Groupe des Armées de Réserve (GAR) du général Fayolle et sa Direction des étapes commandée par le général Descoings.
Enfin, le 29 mars, le général Foch installe son QG dans l’hôtel de ville et fait du cabinet du maire son bureau. Il loge alors dans une habitation rue Saint-Jean.
Durant cette décade, alors que la France vit de nouvelles heures tragiques, la ville préfecture de l’Oise reçoit les visites officielles du Président du conseil et ministre de la guerre Georges Clemenceau (30 mars, 1er, 3, 6, 15 et 27 avril), de Winston Churchill et du duc de Westminster (30 mars), du ministre de l'Armement Loucheur (30 mars), de René Renoult (1er avril), de lord Milner (15 et 27 avril). Les déplacements des ministres et des généraux sont accompagnés par un défilé continuel de convois entre la gare et la place Jeanne-Hachette.

 

La réalisation du commandement unique

De Vaines tentatives
Le 29 novembre 1914, tandis que le général Joffre s’installe dans la villa Poiret, à Chantilly, le GQG prend possession de l’Hôtel du Grand Condé. Il y reçoit les délégations militaires et civiles des pays de l’Entente notamment au cours de conférences interalliées nécessaires pour coordonner l’action militaire.
La première d’entre-elles, qui s’y tient le 7 juillet 1915 sous la présidence de président du conseil Millerand, doit permettre la concordance des efforts militaires alliés représentés par Joffre, French, et des officiers belges, italiens, russes et serbes. Ce premier essai de concertation entre Alliés a peu d’effets.
La deuxième conférence de Chantilly, en décembre 1915, correspond à un tournant important dans la conduite de la guerre : elle annonce en effet le principe de la solidarité des fronts et elle réaffirme la primauté du théâtre principal.
La troisième conférence de Chantilly, le 12 mars 1916, parvient, sous l’impulsion du général Joffre, « à mettre sur pied un plan d’action commun ». Néanmoins les Alliés restent cantonnés à une organisation des forces propre à chaque nation, avec chacun un état-major pour exécuter son offensive particulière.
Le 7 novembre 1917, un Conseil supérieur de guerre se réunit afin d’assurer une meilleure coordination de l’effort militaire sur le front occidental.

L’urgence du commandement unique
Le 25 mars 1918, lendemain de l’offensive de printemps allemande, les Alliés réunis à Compiègne constatent l’incohérence de la situation : l’armée britannique cherche à protéger les ports de la Manche quand l’armée française cherche à protéger la capitale. Seul, un commandement unique doit permettre d’organiser les efforts et de contenir l’assaillant. La conférence se poursuit le jour suivant, 26 mars, à Doullens (Somme) et s’achève par la désignation du général Foch pour coordonner l’action des armées alliées sur le front occidental.
Cependant, cette fonction ne satisfait pas entièrement le général en chef. Dans ses mémoires, Foch indique à ce sujet que « Le simple rôle de coordinateur (...) donnait trop peu d’initiative au chef qui le détenait pour lui permettre de répondre rapidement et fortement aux éventualités que lui créait la bataille défensive, ou pour lui permettre d’organiser et de monter de sérieuses entreprises offensives. Il fallait transformer ce rôle en celui d’un organe de direction. Pour faire rendre à l’organe interallié, créé à Doullens par la confiance des gouvernements, tout ce qu’on attendait de lui, il était indispensable qu’on accrût dès à présent ses pouvoirs, qu’on lui conférât son autorité sur les commandants en chef alliées, qu’on l’étendît à toutes les troupes qui combattaient de la mer du Nord à l’Adriatique ». Le 28 mars, à Clermont, une nouvelle étape est franchie avec la venue au PC de Foch du général Pershing, du général Bliss et du secrétaire d'Etat de la guerre Newton D. Baker lesquels mettent à disposition du généralissime toutes les troupes américaines nécessaires.

La réunion de Beauvais
Foch obtient la réalisation du commandement unique, le 3 avril, lors d’une conférence interalliée tenue à Beauvais. Ce 3 avril, dans l’après-midi, les plus hautes personnalités politiques et militaires du camp allié conviennent de confier au général Foch le Commandement suprême des Armées Alliées et la direction stratégique des opérations militaires sur le front occidental. Participent à cette conférence les représentants des gouvernements américain, britannique et français : le général Bliss, Lloyd George et Georges Clemenceau. Les Commandants en chef des Armées concernées y assistent également : le général J. Pershing, le Maréchal Sir Douglas Haig, le général Pétain. Auprès d’eux, le Lieutenant-Général Sir H. Wilson, Chef d’Etat-Major Général Impérial de l’Armée Britannique, le général Mordacq, Chef de Cabinet Militaire du Président du Conseil des Ministres Français, et le général Weygand, Chef d’Etat-Major du Général Foch.
Placé à la tête du commandement unique, le général Foch conduit alors le sort des armées alliées sur tous les fronts. Quatre jours plus tard, le 7 avril 1918, le général Foch installe son Grand Quartier Général des Armées Alliées (G.Q.G.A) au château de Sarcus loin des villes bombardées. C’est là que le 14 avril il reçut officiellement le titre de « général en chef des armées alliées en France ». Il choisit ensuite Mouchy-le-Châtel le 1er juin puis le château de Bombon, près de Melun (Seine-et-Marne) le 5 juin .avant de s’installer à Senlis le 18 octobre jusqu’à la fin de la guerre.

Les bombardements de 1918

Durant les premiers mois du conflit, l’armée met en place des mesures de protection de la ville de Beauvais contre l’aviation allemande.

La Défense Contre Avions (DCA) est alors constituée d’une batterie d’artillerie couplée à des projecteurs capables de fouiller le ciel. En outre, chaque soir, des ballons captifs, les « saucisses », accrochés à des filins métalliques sont envolés.

Les habitants, quant à eux, sont astreints à un couvre-feu. Avec l’offensive allemande du 21 mars 1918 sur la Picardie, Beauvais, jusque-là épargné par les bombardements, devient une cible privilégiée. La ville est en effet devenue le siège d’états-majors de la 1ère armée Debeney (27 mars), puis du groupe d’Armée Fayolle (28 mars) et enfin, du 29 mars au 7 avril, du quartier général de Foch qui y est reconnu chef suprême des armées alliées (3 avril). Les infrastructures militaires et civiles sont alors visées, contribuant aussi à la démoralisation de la population. 

 

Le bombardement de la nuit du 18 au 19 avril 1918
Beauvais subit un premier raid aérien allemand dans la nuit du 18 au 19 avril. Trois militaires   sont  blessés   au  cours  de  ce  bombardement  qui  frappe  le  champ  de manœuvres et le faubourg Saint-Jacques (près de l’église). La ville est attaquée de nuit par l’aviation allemande à sept autres reprises entre le 21 mai et le 11 juin 1918.
Durant cette période, les habitants se réfugient dans les caves, les carrières Saint-Jean aménagées en dortoirs ou les villages environnants. Les archives et les œuvres d’art sont déplacées dans des lieux sûrs en dehors de la ville.

 

Le bombardement du 21 mai 1918
Cette nuit-là, vers 23 heures, Beauvais est survolé par un avion allemand qui jette ses bombes dans le secteur de la gare. Ce deuxième bombardement de la ville tue six habitants de la maison située au n°15 de la rue de Paris (Angèle Louis née Morel, Adolphe Richard, Constance Richard née Alexandre, Georgette Richard, Georgette Herlaut, Augustine Bourgais, née Caumont). Pour ne pas affoler la population, la presse fait état d’un « accident ».

Le bombardement du 29 mai 1918
L’alerte est donnée à minuit le 28 mai et se prolonge jusqu’à 2h45 le lendemain. A trois reprises, les avions allemands survolent la ville et jettent en tout une vingtaine de  bombes dont une explose sur une maison au n°16 de la rue de Calais provoquant la mort de ses quatre occupants (Théodorine Guignet née Lacaille, Alphonse Guignet, France Guignet, Désirée Fourdrain née Lorret).
Ce troisième bombardement sèmera un vent de panique dans la population.

Le bombardement du 29 au 30 mai 1918
Dans la nuit du 29 au 30 mai, entre 23h00 et 2h30, des avions allemands survolent la ville et lâchent des bombes et des torpilles.
Ce quatrième bombardement très destructeur tue treize civils (Zoé Bonnefoy née Laflesselle, Victor Charlier, Lucien Combet-Roche, Georges Devaux, Maurice Henri, Ernestine Hue née Brugevin, Cornélis Vanaker, Marie Vandomme née Joron, Marie Vandomme, Marcelle Vandomme, Adina Vandomme, Blanche Verrier née Cocu, Eugénie Viart) et plusieurs militaires, notamment quatre Américains.

Le bombardement du 2 juin 1918
Cette nuit-là, vers 23h00, des aviateurs allemands lancent plusieurs bombes sur la ville, provoquant peu de dégâts et blessant un soldat. Huit points de chute seront  recensés, dont trois devant le lycée Félix-Faure. Deux bombes lancées près du cimetière n’ont pas éclaté.

 

Le bombardement du 5 juin 1918
Ce sixième bombardement de la ville par l’aviation allemande dure quarante minutes, de 22h35 à 23h15. Quinze projectiles tombent groupés sur Beauvais.
Si les dégâts sont matériels, trois torpilles ont touché un symbole de la République : la préfecture de l’Oise

 

Le bombardement du 6 juin 1918
Le septième bombardement de Beauvais par l’aviation allemande se déroule le 6 juin 1918 entre 22h00 et minuit. On recensera vingt-deux points de chute de bombes et de torpilles sur treize sites. Outre de nombreux dégâts, ce bombardement blessera plusieurs civils et militaires et tuera un homme (Alfred Noé).

 

Le bombardement du 10 au 11 juin 1918
Ce huitième et dernier bombardement de la ville se déroule entre 23h00 et 00h15. La quinzaine de points de chute de projectiles lancés par l’aviation  allemande se concentre sur les faubourgs sud et ouest de Beauvais. Les dégâts ne seront que matériels.

 

 

Un dernier survol de Beauvais par l’aviation allemande sera observé dans la nuit du 26 au 27 juin 1918, sans conséquence pour la ville. Officiellement, les deux cents projectiles tombés sur Beauvais occasionneront la destruction complète de trente-cinq maisons et en rendront inhabitables quarante-quatre autres. Encerclée par les bombes et torpilles, la cathédrale est épargnée.

 


Selon le bilan dressé lors du conseil municipal du 14 février 1919, les raids de l’aviation allemande sur Beauvais auraient tué trente-cinq personnes dont vingt-deux civils et auraient blessé trente-huit autres dont treize civils.

 

Le monument aux morts de Beauvais, inauguré en 1924, dresse une liste de quinze noms de victimes civiles pour l’année 1918, identifiées dans les registres d’état civil par la mention « Mort pour la France » apposée le 23 juin 1919.

 

Beauvais, ville sanitaire
Pendant cette période, Beauvais retrouve son statut de ville hôpital. Dans son livre Hippocrate chez les Pingouins, publié en 1919 et préfacé par Anatole France, le Dr René de Poilloüe de Saint Périer alias R.S. Podalire se livre à une critique acerbe du fonctionnement des services hospitaliers d’une ville dénommé Malmont. Ce nom d’emprunt désigne Beauvais et l’hôpital n’est être que le Lycée Félix-Faure.

 

Quelques cérémonies

Le 4 juillet 1918, jour de la fête nationale américaine, le préfet Fabre et un officier US lisent une déclaration solennelle  sur la place de l’hôtel de ville, raffermissant la confiance de chacun dans l’issue des opérations militaires.
Le 16 août, le conseil municipal de Beauvais adresse ses félicitations au général Foch pour son bâton de maréchal.

Les honneurs à la ville
Le 14 août 1920, le Journal Officiel décerna la croix de guerre avec palme à Beauvais, avec la citation suivante : « Vieille cité glorieuse qui a continué sa tradition d’honneur en conservant, sous les bombardements par avion, la plus grande énergie morale ». Elle sera remise le 18 juin 1921 par le ministre de l’agriculture.
Le maire Cyprien Desgroux fut honoré comme une figure courageuse. Son calme et son esprit d’initiative lui valurent l’estime profonde de la population.  

L’hommage aux héros
La ville déplore 719 morts au combatet 22 civils tués pendant les bombardements. Le 14 juillet 1922, des plaques commémoratives sont apposées à l’hôtel de ville pour célébrer la journée historique du 3 avril 1918.
Le 6 juillet 1924, lors de l’inauguration du monument aux morts sur l’esplanade de l’hôtel-Dieu, le Maréchal Foch dit « la coalition avait désormais son plan d’opération comme son plan d’entretien des armées. Il n’y avait plus qu’à les appliquer avec activité et méthode : les résultats ne pouvaient se faire attendre. » Il écrira dans le livre d’or de la ville : »Les peuples énergiques exigent des chefs qui réalisent leurs volontés. Ce fut-là mon impression à Beauvais, au printemps 1918 ».

Le monument sculpté par Henri Gréber est intitulé le baiser de la Victoire. Un soldat nu et mort est soutenu et embrassé par l’ange de la victoire aux ailes déployées.

Le nécropole nationale de Beauvais rappelle son statut de ville hôpital, les victimes étant portent de leurs blessures ou de maladie (grippe espagnole).

A noter, le 17 juillet 1938, l’inauguration d’un monument dédié à Foch, sur la place du Cours Scellier.

Un projet urbanistique
La loi Cornudet fut aussi imposée à toutes les villes de plus de 10.000 habitants dans un délai de trois ans. De fait, Compiègne et Beauvais (16.500 habitants), moins touchées par le conflit, durent réaliser ce document d’urbanisme. La municipalité de Beauvais confia la réalisation de ce plan à la société « Union Urbaniste » et à son architecte Albert Parinty. La ville compte 18 738 habitants en 1931.

 

 
   

Liste des morts civils pour la commune de beauvais

Boitel Pauline Henriette née Poulain
45 ans, décédée le 8 juin 1918 à l’hôpital N°63 rue Gambetta, des suites de « l’accident ».

 

Bourgais Augstine Angéline, née Caumont
37 ans, née le 5 novembre 1881, fille naturelle de feue Ausgustine Caumont, épouse de Henri Bourgais, elle est domiciliée à Darnétal (Seine Inférieure). Elle est tuée à Beauvais, rue de Paris, lors du bombardement du 21 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919  (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Bonnefoy Zoé née Laflesselle
74 ans, sans profession, tuée rue de Buzenval lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918.

 

Brancourt Christiane Jacqueline
1 an, morte à l’hôpital n°63 rue Gambetta.

 

Charlier Serge Victor
10 ans, né le 28 novembre 1804, le lieu de naissance et la filiation étant inconnus, enfant de l’Assistance Publique, il tué lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918 au n°62 rue de Buzenval à Beauvais Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Combet-Roche Lucien
11 ans, née le 30 décembre 1907 à Bornel (Oise), fils de l’ouvrier d’usine Georges Combert-Roche et de feue Juliette Garé, il est tué lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918 au domicile de son père situé au n°63 de la rue Gambetta. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Devaux Georges
13 ans, né le 26 août 1905 à Saint-Quentin, fils de Léon Devaux et de feue Léonie Cornet, enfant de l’assistance publique, il est tué au n°22 rue de Buzenval lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Fourdrain Désirée née Lorret
28 ans, née le 19 octobre 1890, fille du journalier Xavier Auguste Lorret et d’Angélina Saint-Omer, elle est lépouse de Noël Fourdrain. Domiciliée au 22 rue du Musée, elle est tuée lors du bombardement de la nuit du 28 au 29 mai 1918, au 20 rue de Calais. Selon la police, « La maison est entièrement effondrée. Les cadavres ont été retirés cette nuit par une équipe militaire. » Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Guignet Emilienne Alphonsine Théodorine née Lacaille
25 ans, née le 26 mai 1893 à Berneuil (Oise), fille du brossier Léopold Alphnse Lacaille et de la tabletière Marie Théodorine Albertine Lecat, elle exerce la profession de brossière. Epouse du menuisier René Hilaire Guignet, elle est tuée avec ses deux enfants Georges et France, lors du bombardement de la nuit du 28 au 29 mai 1918,  à son domicile  au n°20 rue de Calais.à Beauvais. Elle reçoit la mention Morte pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Guignet Georges Isidore Alphonse
5 ans, né le 16 juin 1913 à Beauvais, fils de René Hilaire Guignet et d’Emilienne Alphonse Théodorine Lacaille, il est tué avec sa mère et sa sœur au domicile familial, n° 20 rue de Calais à Beauvais lors du bombardement de la nuit du 28 au 29 mai 1918. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Guignet France Albertine Stella
4 ans, née le 7 juin 1914 à Beauvais, fille de René Hilaire Guignet et d’Emilienne Alphonse Théodorine Lacaille, ellel est tuée avec sa mère et son frère au domicile familial, n° 20 rue de Calais à Beauvais lors du bombardement de la nuit du 28 au 29 mai 1918. Elle reçoit la mention Morte pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Henri Maurice
9 ans, né le 18 janvier 1809, son lieu de naissance étant inconnu, enfant de l’Assistance Publique, il est tué au n°22 rue de Buzenval lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Herlaut Georgette Marcelline
5 ans, née le 13 avril 1913 à Beauvais, fille d’Eugène Emile Herlaut et de Léonie Albertine Richard. Son père est décédé et sa mère, ménagère, demeurent avec elle chez ses parents au n°15 rue de Paris. Elle est tuée avec ses deux grands-parents et sa tante lors du bombardement de la nuit du 21 au 22 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Hue Flore Ernestine née Brugevin
65 ans, née le 29 août 1853 à Mouy (Oise), fille d’Antoine Brugevin et d’Artémise Joséphine Damiette, elle est la veuve de Louis Amand Hue. Sans profession et demeurant au n°7 de la rue Robert, estt est tuée  au n°31 boulevard de l’Assaut  lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Leroux Joséphine Maire Eugénie, née Viart
31 ans, née le 30 octobre 1887 à Bouvignies-Boyeffles (Pas-de-Calais), fille de Louis Alfred Viart et de Marie Constance Aimable Wiet, veuve de Lerouxt, infirmière militaire n°4547, décorée de la Croix de guerre, demeurant 31 boulevard de l’Assaut, elle est mortellement blessée par éclats de bombe lancée par un avion ennemi sur l’HCA 42 lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920).

 

Louis Angèle née Morel
31 ans, née le 29 août 1886 à Allonne (Oise), fille de Juliano Morel et d’Isoline Palmyre Vandevinkelle, elle exerce la profession de tabletière. Epouse de Raphaël René Louis, demeurant 11 rue de Paris à Beauvais, elle est tuée lors du bombardement de la nuit du 21 au 22 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920).

 

Noé Alfred.
65 ans, tué lors du bombardement du 6 juin 1918.

 

Normand Catherine née Wuilbert
Née le 22 juin 1849 à Villers Guislain (Nord), veuve, elle est notée réfugiée de l’Aisne décédée à Notre-Dame du Thil le 18 mars 1917 (AD60 – Rp 1933).

 

Mme Oudard
tuée le 6 juin 1918 au cours d’un bombardement, au n°19 rue Saint-Jean.

 

Parly Léon Georges
1 an, 40 rue Borel.

 

Petré Palmyre née Baudouin
80 ans, sans profession, hôpital n°63 rue Gambetta.

 

Richard Adolphe Eugène
57 ans, né le 3 juin1863 à Beauvais, fils de Pierre Eugène Richard et de Justine Aimée Hue,  il exerce la profession de tourneur sur fer. Il est marié à Constance Elise Alexandre, a trois filles (Blanche Eloy, Léonie Herlaut et Georgette) et demeure au n°15 rue de Paris. Il est tué avec son épouse, sa fille Georgette et sa petite-fille Georgette Herlaut lors du bombardement de la nuit du 21 au 22 mai 1918. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919  (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Richard Georgette Jeanne
28 ans, née le 8 avril 1880, fille d’Adolphe et de Constance Richard, elle exerce la profession d’ouvrière en crins. Célibataire demeurant chez ses parents au n°15 rue de Paris, elle est tuée avec eux et sa nièce Georgette Herlaut lors du bombardement de la nuit du 21 au 22 mai 1918. Elle reçoit la mention Morte pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Richard Constance Elise née Alexandre
57 ans, née le 2 février 1863 à Abbeville (Somme), fille de Jean Baptise Alexandre et de Marie Elise Duchaussoy, elle exerce la profession de ménagère. Elle est l’épouse d’Adolphe Eugène Richard, est la mère de deux filles (Blanche Eloy, Léonie Herlaut et Georgette) et demeure au n°15 rue de Paris. Elle est tuée avec son époux, sa fille Georgette et sa petit fille Georgette Herlaut lors du bombardement de la nuit du 21 au 22 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919  (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Vanaker Gaston Cornélis
16 ans, né à Langesmarck (Belgique) le 16 novembre 1902, fils du cordonnier Constantinus Albinus Vanaker et de Marie-Thérèse Dervo, cet ouvrier en chaussures est tué lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918 à son domicile, au n°50 rue de Gesvres à Beauvais. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Vandomme Adina
4 ans, née à Ailly-sur-Noye (Somme), fille de Joseph Vandomme et de Marie Joron, elle est tuée avec sa mère et ses deux sœurs dans le bombardement de la nuit du 29 au 30 mai 1918 au n°58 de la rue de la Madeleine à Beauvais. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

  

Vandomme Marcelle
6 ans, née à Ailly-sur-Noye (Somme), fille de Joseph vandomme et de Marie Joron, elle tuée avec sa mère et ses deux sœurs dans le bombardement de la nuit du 29 au 30 mai 1918 au n°58 de la rue de la Madeleine à Beauvais. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

Vandomme Marie née Joron
34 ans, née à Oresmaux (Somme), épouse de Joseph Vandomme, ménagère demeurant au n°58 rue de la Madeleine, elle est tuée avec ses filles Adina, Marcelle et Marie dans le bombardement de la nuit du 29 au 30 mai 1918 au domicile de son frère situé au n°58 de la rue de la Madeleine à Beauvais. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Vandomme Marie
12 ans, née à Paris (XIe), fille de Joseph Vandomme et de Marie Joron, elle tuée dans le bombardement de la nuit du 29 au 30 mai 1918 au n°58 rue de la Madeleine à Beauvais avec sa mère et ses deux sœurs. Il reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat-civil de Beauvais, AD60-RP1920).

 

Verrier Blanche Victoire née Cocu
56 ans, née le 21 juillet 1862 à Beauvais, fille de Florentin Fortuné Cocu et de Marie Joséphine Victorine Demonchy, elle est la veuve d’Ernest François Verrier. Sans profession, domiciliée au n°50 rue de Gesvres à Beauvais, elle est tué au n°63 rue Gambetta lors du bombardement du 29 au 30 mai 1918. Elle reçoit la mention Mort pour la France le 23 juin 1919 (Etat civil de Beauvais, AD60 - RP1920). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beauvais.

 

Wacymburg Marie
75 ans, née à Bailleul (Nord), réfugiée à Beauvais où elle décède le 10 avril 1918.

 
 

Waroteaux Arsène Théodore
Né le 26 septembre 1849 à Harcigny (Aisne), réfugié de l’Aisne à Notre-Dame-du-Thil où il décède le 17 novembre 1917 (AD60 – Rp1933).

 

 

Beaulieu-les-Fontaines DANS LA GRANDE GUERRE

La commune de Beaulieu-les-Fontaines connaît l'invasion allemande dès le 30 août 1914. Une partie de ses habitants étant demeurée sur place, les hommes en âge de se battre sont faits prisonniers et déportés en Allemagne.

La commune est libérée le 18 mars 1917 suite au repli allemand "Alberich" mais les habitants ont été déplacés, les "bouches inutiles" vers Noyon, les autres à l'arrière des nouvelles lignes.

La commune redevient française pendant une année mais demeure en zone avancée sous contrôle militaire strict.

Le 24 mars 1918, trois jours après l'offensive allemande au départ de Saint-Quentin, la commune est de nouveau envahie mais ses habitants ont eu le temps de fuir sur ordre de l'armée française et dans la crainte de vivre une nouvelle occupation. La commune est libérée le 2 septembre 1918.

 

Liste des morts civils pour la commune de Beaulieu-les-Fontaines

Allart Octave
Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Duval Arm
Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Egret Léon
Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Egret Esther épouse Gouve
Née en 1836 à Beaulieu-les-Fontaines, son nom figure sur le monument aux morts.

 

Favresse Em
Son nom figure sur le monument aux morts.

 
Gosse Marthe épouse Plonquet
Née en 1872 à Pontoise, femme d’Alfred Plonquet, cultivateur à Beaulieu-lès-Fontaines. Elle est la mère de Madeleine, née en 1911. Son nom figure sur le monument aux morts.
 

Kahan Aron
Né le 31 janvier 1868 à Schkoudy (Russie), ce docteur en médecine est le fils de Benzion et de Sarah Kahan. Naturalisé français par décret du 10 mars 1906, il est placé le 10 août 1914 dans la réserve par décision du général commandant la place de Compiègne à la Compagnie Territoriale d’infirmiers Militaires. Marié à Myriame de quatre ans sa cadette, il est le père de Jacob  et de Rébecca (nés à Paris en 1900). Resté dans les régions envahies, il est déplacé à Etroeungt  (Nord), d’après le journal de Jules Dubois, depuis Noyon le 18 février 1917. Son nom figure sur le monument aux morts communal.

 

Legrand Alb
Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Messialle Léon
Son nom figure sur le monument aux morts.

 

 

Pêcher Jean
Né en 1868 à Dersac, manouvrier, époux de Charlotte Bernoville (née en 1880 à  Beaulieu-les-Fontaines), il est le père de Jeanne (née 1899), Suzanne (née en 1904), André (né en 1906) et de Marthe (née en 1908). Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Quevreux François
Né en 1850 à Gouy, manouvrier, marié à Euphrasie Havart (née en 1848 à Roye-sur-Matz). Son nom figure sur le monument aux morts.

 

Thiebaut Anatole
Son nom figure sur le monument aux morts.

 
Trouillet Laurène Armence
Née le 17 février 1909 à Beaulieu-les-Fontaines, notée venant de Beaulieu-les-Fontaines, elle décède le 7 août 1915 à Noyon (AD60 - Rp 1933).
 

Wiart Anatole
Né à Catigny en 1871, maréchal-ferrant de profession à Beaulieu-lès-Fontaines, il est marié à Cornélie Tartiaux (né en 1874) et père de Madeleine (née en 1898) et Geneviève (née en 1902). Pris à Beaulieu-les-Fontaines en octobre 1914, prisonnier civil interné à Güstrow, il est transféré le 7 avril 1915 à Rastadt. Sans nouvelles depuis mars 1917, il est noté disparu. Son nom figure sur le monument aux morts.

 

 

 

Béhéricourt DANS LA GRANDE GUERRE

La commune de Béhéricourt connaît l'invasion allemande dès le 30 août 1914. Une partie de ses habitants étant demeurée sur place, les hommes en âge de se battre sont faits prisonniers et déportés en Allemagne.

La commune est libérée le 18 mars 1917 suite au repli allemand "Alberich" mais les habitants ont été déplacés, les "bouches inutiles" vers Noyon, les autres à l'arrière des nouvelles lignes. La commune redevient française pendant une année mais demeure en zone avancée sous contrôle militaire strict. Plusieurs régiments français y cantonnent notamment le 407e RI dont les hommes laisseront des graffitis sur les murs du château et les arbres du parc.

Le 24 mars 1918, trois jours après l'offensive allemande au départ de Saint-Quentin, la commune est de nouveau envahie mais ses habitants ont eu le temps de fuir sur ordre de l'armée française et dans la crainte de vivre une nouvelle occupation. La commune est libérée le 2 septembre 1918 mais son église est partiellement détruite et le château impacté par les bombardements.

 

Liste des morts civils pour la commune de Béhéricourt

Nattier Parfait Eugène
Né le 8 mars 1894 à Béhéricourt, fils de Georges Nattier et de Félicie Delaruelle, il exerce la profession de manouvrier. Appelé sous les drapeaux le 2 septembre 1914 tandis que sa commune est envahie, il est noté sur les registres militaires manquant à l’appel et passé dans les insoumis le 14 novembre suivant. Arrêté par les Allemands à Béhéricourt, il est déporté en zone occupée à une date inconnue.
Le village libéré, il est rayé des contrôles de l’insoumission le 21 mars 1917 par application de la circulaire ministérielle 04403 du 7 février 1917 et affecté, malgré son absence, dans la réserve au 54e Régiment d’Infanterie. Il décède à Sedan le 15 novembre 1917, selon un avis de la mairie en date du 4 septembre 1922 transmis à celle de Béhéricourt. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune (AD60 Rp1024).

 Le monument aux morts de Béhéricourt